Les motivations des bénévoles de crise : Pourquoi s’engagent-ils ?

La littérature scientifique sur les motivations des bénévoles est très riche et vaste, mais celle portant sur les bénévoles qui s’engagent dans des activités liées à des situations de crise, ce qu’on appelle les bénévoles de crise (crisis volunteers) est moins développée. À travers une méta-analyse de la littérature portant sur le bénévolat, les crises, les motivations et l’assistance téléphonique (cette dernière étant l’une des activités de bénévolat de crise la plus documentée), l’article Why Do They Do It? A Qualitative Interpretive Meta-Synthesis of Crisis Volunteers’ Motivations, s’interroge sur ce qui motive les gens à faire du bénévolat dans un travail éprouvant sur le plan émotionnel. Par exemple le fait de répondre à une ligne d’assistance en cas de crise, par rapport à d’autres opportunités de bénévolat moins éprouvantes sur le plan émotionnel.

De manière générale, cette recherche suggère que la motivation des bénévoles de crise peut s’expliquer par un mélange de pulsions altruistes et égoïstes. Plus spécifiquement, les raisons que ces bénévoles ont pour s’engager correspondent au besoin de redonner à la communauté, de donner sens à leur vie à travers l’engagement communautaire et de trouver un sens profond de la condition humaine. S’ajoute aussi l’expérience partagée de la souffrance : le bénévole veut alléger chez l’autre une souffrance qu’il a vécue dans le passé.  L’épanouissement personnel est un autre motivateur. Les bénévoles trouvent gratifiant de pouvoir aider d’autres personnes en difficulté. Cela les aide aussi à passer à travers des changements dans leur vie.

Ces résultats correspondent à deux des trois grandes catégories de motivations du bénévolat que l’on retrouve dans n’importe quel contexte soit l’altruisme et l’épanouissement personnel. La croissance personnelle, qui est le troisième facteur, n’a pas été répertoriée dans cette analyse.

Finalement, l’article recommande aux organisations qui recrutent des bénévoles de crise de souligner constamment l’impact que les bénévoles ont sur ceux qu’ils aident, par exemple à travers des témoignages, et de donner du support et des orientations claires.

Référence complète :

Aguirre, R. T., & Bolton, K. M. (2013). Why do they do it? A qualitative interpretive meta-synthesis of crisis volunteers’ motivations. Social Work Research, 37(4), 327-338.

[Résumé] 5 à 7 numéro 3 : Bénévolat pour et par les personnes âgées

Nous organisons trois fois par année des 5 à 7 du bénévolat dans le Quartier latin à Montréal. L’objectif de ces événements est de discuter des enjeux du bénévolat de façon décontractée, mais aussi de faire du réseautage et de créer une véritable communauté de pratique autour des enjeux du bénévolat à Montréal.

Le 27 février 2020, pour notre premier 5 à 7 de l’année 2020, nous avons reçu quatre invités pour une table ronde sous le thème du “Bénévolat pour et par les personnes âgées”. Les panélistes ont reconnu la richesse et la grande disponibilité des bénévoles âgés tout en soulignant les particularités de recrutement et de rétention propres à cette génération. 

Nos invités étaient Maryse Grenier, gestionnaire au Bénévolat et aux Loisirs du Centre hospitalier de Soins de Longue Durée (CHSLD) Providence Notre-Dame-de-Lourdes, Linda Benjamin, responsable du recrutement des bénévoles au Comité d’Animation du Troisième Âge de Laval (CATAL), Élise Robert, Présidente bénévole du Comité Région Montréal pour la cause Fibrose Kystique et anciennement bénévole, désormais employée à temps partiel au CATAL, puis finalement Gérald Vigeant, bénévole âgé chez Suicide Action Montréal. 

Le thème fut tout d’abord présenté par Nicolas Bencherki qui a rappelé la pertinence du sujet choisi face aux nouvelles réalités du bénévolat en transformation liées au vieillissement de la société. Par la suite, Gabrielle a mentionné que la littérature scientifique affirme que les personnes de 65 ans et plus sont parmi celles qui exécutent le plus grand nombre d’heures de bénévolat formel et informel. Elle a aussi rappelé que le bénévolat est reconnu pour avoir des conséquences positives sur le vieillissement actif et la santé des aînés. 

Dès la première question, l’enjeu de l’âge a soulevé plusieurs réactions chez les panélistes. Tous n’étaient pas d’accord pour reconnaître le vieillissement comme un frein à leur engagement, bien au contraire. La première question sur les motivations à faire du bénévolat après l’âge de la retraite est venue mousser les débats avec l’intervention de Monsieur Vigeant sur le terme même de la retraite qu’il n’aime pas, étant lui-même retraité et bénévole chez Suicide Action Montréal depuis plus de 12 ans. Élise Robert a partagé ce point de vue en illustrant par son expérience que la retraite ne veut pas nécessairement dire désengagement et arrêt de travail au sens propre du terme. Par contre, d’après nos panélistes, le fait d’avoir de plus en plus de personnes, les dénommés baby-boomers (56 à 75 ans), arrivant à la retraite n’est pas synonyme d’accès à un plus grand bassin de bénévoles.

Maryse Grenier a décrit en ce sens certains défis du recrutement. Cette dernière a qualifié les baby-boomers de particulièrement pointilleux et comme amenant une complexité supplémentaire pour l’organisation. Elle a comparé leurs pratiques aux traditionnels, soit les plus âgés (119 à 74 ans) qui seraient d’après elle, les plus fiables, loyaux et fidèles au poste. Ce point de vue n’a pas fait l’unanimité. Néanmoins, cette assiduité du bénévole âgé viendrait avec certaines limites d’exécution de tâches, à l’instar des générations plus jeunes qui seraient, elles, moins ponctuelles et régulières, mais utiles pour des missions plus demandantes, en administration par exemple, venant ainsi clarifier les spécificités générationnelles relatives à ces témoignages du milieu. Linda Benjamin est venue nuancer les propos en ajoutant qu’au CATAL, l’organisation jumelle les plus jeunes et les plus vieux dans des ateliers de transition vers le numérique ce qui permet à plusieurs générations de collaborer et d’apprendre ensemble.

Somme toute le panel fut très riche grâce aux quatre trajectoires différentes des panélistes et aux interventions dynamiques du public. Il est possible de visionner la conférence sur notre chaîne Youtube.

Le bénévolat développe les fonctions cognitives des personnes âgées

En se basant sur l’idée que garder le cerveau actif, entreprendre une activité physique et rester socialement engagé peut maximiser le fonctionnement potentiel du cerveau, le bénévolat formel, défini comme un travail non rémunéré et non obligatoire effectué par le biais d’une organisation et au profit de personnes extérieures au ménage, pourrait fournir un moyen simple et accessible d’améliorer le fonctionnement cognitif des personnes âgées. C’est du moins ce que les chercheurs Hayley Guiney et Liana Machado suggèrent dans leur article Volunteering in the Community: Potential Benefits for Cognitive Aging, publié en 2018.

Pour vérifier leurs hypothèses, les chercheurs effectuent une revue de la littérature des études portant sur le bénévolat et le développement des fonctions cognitives des personnes âgées. L’argument principal de ces études est que le bénévolat augmente d’abord l’activité physique, sociale et cognitive des personnes concernées (à des degrés divers, selon le type de bénévolat entrepris et les demandes associées), et à leur tour, ces nouvelles activités conduisent à de meilleurs résultats pour la santé via une série de mécanismes physiologiques et psychologiques.

Le bénévolat produit des activités physiques, mais aussi des interactions sociales significatives pour les personnes âgées. Ils sont stimulés par l’apprentissage de nouvelles compétences et de nouveaux savoirs. Ainsi, l’implication bénévole peut par exemple améliorer la mémoire, à la fois la mémoire verbale, mais aussi la mémoire visuelle.

Après avoir examiné les études publiées sur le sujet, les chercheurs concluent qu’il est donc clair que le bénévolat peut avoir un impact positif sur le fonctionnement cognitif des personnes âgées en augmentant l’activité physique, sociale et cognitive et en améliorant la santé mentale et neurologique. Il resterait cependant à évaluer la différence entre les domaines de bénévolat, par exemple le bénévolat très local ou plus international, et la différence entre les variables comme le genre, mais aussi la classe sociale des personnes âgées.

Référence complète :

Guiney, H., & Machado, L. (2018). Volunteering in the community: Potential benefits for cognitive aging. The Journals of Gerontology: Series B, 73(3), 399-408.

Consuelo Vasquez remporte le Prix rayonnement de la SCC

Nous sommes fiers d’apprendre que notre chercheuse principale, Consuelo Vasquez, a reçu le prix de rayonnement de la mission de la Société canadienne du cancer (SCC), notamment pour son implication comme bénévole dans le projet Trottibus, un autobus pédestre formé par les parents et les enfants d’une communauté située près d’une école. Consuelo était en effet coordonnatrice et bénévole-accompagnatrice du Trottibus près de chez elle.

Le prix Impact régional Rayonnement de la mission est décerné chaque année à une personne, à un groupe ou à un programme associé à la SCC qui a eu un impact durable sur la mission de la SCC. Le candidat retenu est un bénévole ou un commanditaire qui a appuyé des programmes de mission et a manifesté son attachement à la mission de la SCC.

La personne ou le groupe retenu pour ce prix:

• Fait du bénévolat pour soutenir l’un des quatre piliers de la mission de la SCC (défense de l’intérêt public, prévention, soutien, recherche), par exemple auprès des Roues de l’espoir, du programme de jumelage ou d’un programme de sensibilisation ou de prévention de la SCC

• Contribue à accroître la notoriété des programmes de la SCC dans sa communauté

• A mis en œuvre une nouvelle pratique exemplaire clé

• Participe à un programme ou une initiative d’importance dans sa province ou à l’échelle nationale

[Résumé] Journée d’étude du 1er novembre 2019

Nicolas Bencherki et Coline Senac présentent les résultats préliminaires de la cartographie du bénévolat à Montréal.

Nous étions plus de 40 personnes, lors la deuxième édition de notre journée d’étude le 1er novembre dernier, à être réunies pour réfléchir aux transformations, aux enjeux et aux défis du bénévolat. L’événement a permis entre autres aux chercheurs de bénévolat en mouvement de présenter leur premier résultat de recherche sur la cartographie du bénévolat à Montréal et aux pratiquants de se familiariser avec les liens entre le bénévolat et le droit du travail.

La journée s’est ouverte avec la présentation d’un des premiers volets de notre recherche, menée par Coline Sénac (UQAM), Nicolas Bencherki (TÉLUQ) et Consuelo Vásquez (UQAM), qui consistait à cartographier les pratiques du bénévolat dans la région de Montréal et des alentours. L’objectif de l’étude, basé sur 23 entrevues avec des personnes qui font ou encadrent du bénévolat, était de proposer une vue d’ensemble des pratiques de bénévolat à partir des motivations, des intérêts et des valeurs des acteurs issus des milieux où se pratique le bénévolat à Montréal.

Les chercheurs ont ainsi pu dévoiler lors de leur présentation quatre grandes tensions repérées dans les discours des acteurs en place. Précisons qu’il s’agit des résultats préliminaires. La tension entre le fait d’impliquer plus les membres existants ou d’en chercher de nouveaux est le premier défi des organisations. Une deuxième tension est celle entre le don et l’économisation : doit-on considérer le bénévolat avec désintéressement ou dans sa logique économique ? Les interviewés ne s’entendent pas. S’impliquer strictement à l’intérieur d’une institution ou à l’extérieur par le militantisme politique est la troisième tension tandis que la quatrième est l’action de recruter des gens pour qu’il développe des compétences en friction avec le fait de recruter des gens qui sont déjà des experts (bénévolat d’expertise). Les gestionnaires de bénévoles présents dans la salle ont par ailleurs souligné que toutes ces tensions existent réellement dans leur travail, notamment celle du bénévolat d’expertise où plusieurs organisations sont tentées par le fait de trouver des bénévoles déjà formés dans leur domaine.

La journée s’est poursuivie avec le panel de partage de bonnes pratiques de reconnaissance des bénévoles qui a réuni Lise Pettigrew du CHUM, Martine Leroux d’Accès bénévolat et Geoffrey Molle de la Société Canadienne du Cancer. Les trois intervenants se sont entendus pour affirmer que la reconnaissance des bénévoles de leur organisme doit s’effectuer non pas une ou deux fois par année, mais bien à chaque instant. En plus de la reconnaissance formelle qui passe par les fêtes officielles, ceux-ci ont mis beaucoup d’accent sur l’importance de la reconnaissance informelle, qui implique des petits gestes au quotidien (simplement dire bonjour, merci) et une reconnaissance personnalisée (carte de fête). La reconnaissance est également une bataille continue pour que les institutions en question reconnaissent les bénévoles et allouent du budget pour les événements qui soulignent leur contribution.

La journée s’est terminée avec l’atelier « Le bénévolat et le droit du travail » animé par Johanne Tellier, membre du Barreau du Québec depuis 1986, et Nicolas Bencherki (Teluq). Mme Tellier a premièrement insisté sur le fait qu’il peut y avoir des zones grises quand le statut de quelqu’un change, par exemple lorsqu’un organisme perd une subvention et qu’un employé auparavant salarié devient bénévole. L’importance dans ce cas est d’être parfaitement clair avec la personne et de ne pas faire miroiter un emploi qui n’arrivera pas. Dans l’optique d’un éventuel litige, il est important de connaître et de révéler l’intention véritable des parties.

Dans le cas d’une entreprise à but lucratif, celle-ci peut très bien employer légalement des bénévoles pour faire les tâches d’un employé auparavant rémunéré, mais les bénévoles peuvent s’adresser devant un juge et obtenir rétribution. La situation est plus compliquée pour un organisme à but non lucratif (OBNL). Il est possible pour un OBNL d’avoir un employé et un bénévole qui remplissent les mêmes fonctions, tant évidemment que la situation est claire pour toutes les parties. Il est cependant important, souligne Mme Tellier, d’enregistrer ses bénévoles à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et de leur étendre également les protocoles sur le harcèlement physique ou psychologique. Dans le cas d’un milieu syndiqué comme un hôpital, il est aussi important de ne pas donner des tâches d’employé syndiqué à un bénévole.

Un vidéo récapitulatif de la journée d’étude sera bientôt disponible, abonnez-vous à nos réseaux sociaux, Facebook et Twitter, pour vous tenir au courant de nos prochains événements ! Le power-point de la présentation sur la cartographie du bénévolat est également disponible ici !

[Résumé] Journée d’étude du 26 octobre 2018

Plus d’une trentaine de personnes se sont réunies à l’UQAM, le 26 octobre dernier, pour discuter des transformations, des enjeux et des défis du bénévolat lors de notre premier événement. Organisée par la recherche interuniversitaire « Bénévolat en mouvement », cette journée d’étude a surtout permis d’engager un dialogue entre chercheurs et praticiens sur les nouveaux défis à relever pour le développement du bénévolat, mais aussi pour le recrutement de bénévoles.

La journée s’est ouverte avec la présentation du rapport des nouvelles pratiques de bénévolat par la doctorante en communication à l’UQAM, Sophie Del Fa. Le but de ce rapport était de mettre la table à la journée de réflexion en présentant plusieurs transformations du bénévolat depuis le début des années 2000. Grâce à une revue de la littérature de 338 articles provenant surtout du monde anglophone, l’auteure du rapport a pu cerner les nouvelles formes du bénévolat. Citons par exemple le bénévolat épisodique, qui désigne des individus qui sont engagés dans un bénévolat ponctuel ou de très court-terme, le bénévolat corporatif ou encore le bénévolat réflexif, centré sur l’expérience individuelle du bénévole. Cette présentation a pu stimuler de nombreux échanges, certains participants ont relevé l’absence du bénévolat relié aux compétences ce que l’équipe de Bénévolat en mouvement a pris en note.

Par la suite, la directrice du Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ), Maryline Fournier, est venue présenter le dernier rapport de son organisme. Celle-ci a tout d’abord expliqué que les jeunes ne font pas moins de bénévolat que leurs parents, ils en font différemment. Voir par exemple le bénévolat épisodique, en ligne, réflexif, etc. En fait le grand défi avec les jeunes est plutôt de les rejoindre, car rares sont ceux qui font l’effort de proposer leurs services. En effet, la moitié des jeunes déclarent ne pas avoir fait de bénévolat dans la dernière année parce qu’on ne leur a pas demandé. D’où l’importance pour les organisations de rejoindre cette génération, notamment sur les réseaux sociaux. Maryline Fournier a aussi détaillé les autres conclusions du rapport du RABQ, par exemple le fait que les bénévoles québécois font en moyenne 11 heures de bénévolat par mois et qu’ils s’impliqueraient majoritairement dans le secteur de la culture et des loisirs. Pour un résumé plus complet du rapport, voir cet article. 

Une table ronde a par la suite permis d’en apprendre davantage sur trois projets reliés au bénévolat. En effet, François De Kerret de Simplyk, Virginie Delannoy de la Société Canadienne du Cancer et Catherine Laroche de J’aime MTL sont venus présenter leur organisme respectif. Simplyk, en tant que plateforme en ligne qui permet de connecter des bénévoles, autant ponctuels qu’à long terme, avec des organismes, a tout d’abord piqué la curiosité de bien des participants. J’aime MTL, une organisation qui aide d’autres organismes à réaliser leur mission d’aide, a aussi contribué au débat en soulignant qu’il est possible à la longue de fidéliser des bénévoles épisodiques. La présentation du projet le Trottibus de la Société Canadienne du Cancer a quant à lui attiré l’attention sur les possibilités des projets locaux à l’échelle d’un quartier. Il est possible de visionner ces interventions ici.

En après-midi, les participants se sont séparés en trois groupes pour participer à trois rondes d’échange sur des thèmes reliés au bénévolat. Le premier thème, nommé « Recruter/Motiver/Fidéliser », a permis d’échanger sur comment recruter des bénévoles, particulièrement des bénévoles réflexifs centrés sur eux-mêmes. Le deuxième thème nommé « Autour des tâches, compétences et l’expérience bénévole » a stimulé un débat sur les places et les statuts à donner aux bénévoles par rapport aux employés et aux bénéficiaires dans un projet/initiative de bénévolat. Le troisième thème nommé « Le Web et les médias sociaux » a plutôt permis de réfléchir sur comment les organismes peuvent s’adapter aux nouvelles technologies, autant dans le recrutement que dans l’organisation interne.

Pour finir, les chercheurs et les praticiens présents ont convenu que cet événement n’était qu’une première étape. Un comité de suivi sera mis en place pour poursuivre la réflexion et pour organiser quelques rencontres par année sur le même sujet. L’idée de constituer un espace de discussion et de partage de savoir autour du bénévolat a été bien reçue par tous.

Pour les intéressés, nous mettons ici en ligne les PowerPoint présentés lors de la journée, ainsi qu’un résumé vidéo des échanges. Nous vous tiendrons bien sûr au courant pour la suite des choses.

Cliquer ici pour le PowerPoint du répertoire des nouvelles pratique du bénévolat.

Cliquer ici pour le PowerPoint de la présentation du dernier rapport du Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ).

Et finalement, cliquer ici pour le cahier de recherche “Répertoire des (nouvelles) pratiques de bénévolat”. 

Deux recherches pour mieux comprendre les frontières du bénévolat

Nous avons accueilli au mois de juillet 2019 deux collègues provenant de l’Université d’Albany pour une conférence sur le bénévolat. Zhuozhi Shao et Bryanna Hebenstreit, qui travaillent toutes les deux sous la co-responsabilité de notre co-chercheur Nicolas Bencherki, ont à cet égard présenté les résultats de leurs recherches sur la rétention et les motivations du bénévolat, mais aussi sur les négociations interactionnelles des bénévoles.

Voici un résumé de leurs interventions avec quelques références clés pour les intéresséEs !

Matching motivation to stay and volunteer retention efforts

Zhuozhi Shao
University at Albany, SUNY & Rutgers University

En utilisant des données d’observations et un questionnaire rempli par les bénévoles actuels et passés d’un organisme américain à but non lucratif spécialisé dans les services d’alphabétisation, je discute de la pertinence de la littérature actuelle sur la rétention et la motivation à renouveler l’engagement dans le cas des bénévoles. Les bénévoles ont été interrogés sur leur satisfaction, leur motivation et leur intention de renouveler leur engagement. L’analyse des données a révélé que la relation habituelle entre la volonté de rester et la satisfaction à l’égard de l’organisation peut ne pas être valable pour les bénévoles. Bien que la satisfaction ait été largement suggérée comme facteur prédictif de rétention dans la plupart des publications organisationnelles, les résultats de cette étude suggèrent qu’il peut être important de bien comprendre les motivations des personnes – par exemple, leur appréciation de leur relation avec les apprenants – lors de la prédiction de la volonté des bénévoles à renouveler leur engagement.

Using data from observations and a questionnaire administered to current and past volunteers in a literacy services non-profit organization in the US, I discuss the appropriateness of current literature on retention and motivation to stay for the case of volunteers. Volunteers were surveyed for their satisfaction, motivation sets, and intention to stay. Analysis of the data revealed that the usual relationship between willingness to stay and satisfaction with the organization may not hold for volunteers. Though satisfaction has been widely suggested as the predictor of retention in most organizational literature, the results of this study suggest that it may be important to correctly understand people’s motivations – for instance their appreciation of their relationship with learners, in this case – in predicting volunteers’ willingness to stay.


What sort of volunteer are you?: A membership categorization analysis of ‘volunteers’

Bryanna Hebenstreit
University at Albany, SUNY

En étudiants le cas d’une observation de quatre mois d’un site d’emploi d’Habitat pour l’humanité dans une région rurale du nord de l’Etat de New York, où des bénévoles travaillent aux côtés d’employés rémunérés, Bryanna Hebenstreit montre à quel point l’attention portée aux détails interactionnels, y compris l’action incarnée, révèle la négociation des adhésions à l’organisation. Cette négociation interactive se réalise à partir du type de volontaire auquel les participants se représentent. En ce sens, les participants font partie d’une catégorie particulière de volontaires pour la réalisation d’une action. Sacks (1992) a introduit l’analyse de la catégorisation des membres (MCA) dans ses premiers travaux, qui ont été repris par divers spécialistes (Edwards 2017; Evans & Fitzgerald 2017; Schegloff 2007; Stokoe 2012). Il y a eu beaucoup de discussions sur la manière dont les MCA sont réalisées en interaction dans les discussions, mais moins sur les interactions et les incarnations incarnées. Cette présentation reprend donc la suggestion d’Edwards (2017) d’étudier comment les gens adoptent l’adhésion à une organisation, plutôt que de la décrire. Que ce soit pour promulguer ou décrire (ou un mélange des deux), l’adhésion est constituée et devient une ressource interactive pour une variété d’actions pour les participants.

Looking at the case of a four-month observation of a Habitat for Humanity job site in rural Upstate New York, where volunteers work alongside paid employees, Bryanna Hebenstreit shows how close attention to interactional details, including embodied action, reveals the negotiation of membership. Especially, this interactional negotiation is accomplished in terms of what kind of volunteer a participant represents themselves as. There are various ways that participants in the scene establish themselves or others as part of a particular category of volunteer for the accomplishment of an action. Sacks (1992) introduced Membership Categorization Analysis (MCA) in his early work, which has been taken up by a variety of scholars (Edwards 2017; Evans & Fitzgerald 2017; Schegloff 2007; Stokoe 2012).  There has been robust discussion of how MCAs are done in interaction from within talk, but fewer that include embodied interaction and enactment. This presentation thus picks up on Edwards’s (2017) suggestion to look at how people enact membership, rather than describe membership. Whether enacting or describing (or a mixture of the two), membership is constituted by and becomes an interactional resource for a variety of actions for the participants.

Quelques références:

Evans, W. N., & Fitzgerald, D. (2017). The economic and social outcomes of refugees in the United States: evidence from the ACS (No. w23498). National Bureau of Economic Research.

Housley, W., & Fitzgerald, R. (2002). The reconsidered model of membership categorization analysis. Qualitative research, 2(1), 59-83.

Sacks, H. (1992). Lectures on conversation. Edited by G. Jefferson.

Schegloff, E. A. (2007). Sequence organization in interaction: A primer in conversation analysis I (Vol. 1). Cambridge University Press.

Stokoe, E. (2012). Moving forward with membership categorization analysis: Methods for systematic analysis. Discourse studies, 14(3), 277-303.


[Résumé] 5 à 7 numéro 1 : la place des femme dans le bénévolat

Le 14 mars 2019 notre invité était la directrice générale de Centraide, Lili-Anna Pereša. Sous le thème de “la place des femmes dans le bénévolat au Québec”, Mme Peresa a tout d’abord relaté son parcours professionnel pour aborder les enjeux du féminisme et du bénévolat. Celle-ci a rappelé que les femmes effectuent plus de bénévolat que les hommes et s’impliquent davantage dans les tâches relevant des soins ou du care. Mme Peresa a toutefois spécifié qu’il y avait avant tout des différences générationnelles, dans le sens que les baby-boomers étaient plus fidèles à un organisme et les jeunes plus difficiles à recruter et fidéliser. 

La membre de l’International Women’s Forum a aussi abordé les enjeux entourant la grève étudiante pour la rémunération des stages en spécifiant que l’enjeu étant avant tout le financement étatique des organismes communautaires. Selon elle, les étudiants devraient axer leurs revendications vers l’État et non vers les organismes sous-financés. Mme Peresa a aussi encouragé les femmes à se lancer dans des études dans des secteurs traditionnellement masculins comme les nouvelles technologies et la programmation pour inverser la domination masculine dans certains secteurs. 

Première partie de notre entretien avec Mme Peresa.

Deuxième partie de notre entretien avec Mme Peresa.

À voir : nos vox pop sur le thème des premières expériences bénévoles

Nous avons filmé un vox pop sur le thème du bénévolat lors de notre dernier 5 à 7 le 6 juin 2019 à l’Amère à Boire. Les participant-e-s décrivent leur première expérience de bénévolat, définissent ce qu’est le bénévolat pour eux et elles et expliquent ce qui les motivent à faire du bénévolat.

Considérant l’intérêt suscité par la première vidéo, nous avons par la suite décidé d’en tourner une deuxième avec trois membres de notre équipe. On vous invite à regarder les vidéos et n’hésitez pas à les partager !

[Résumé] 5 à 7 numéro 2: le bénévolat et l’aménagement urbain

Nous organisons trois fois par année des 5 à 7 du bénévolat dans le quartier latin à Montréal. L’objectif de ces événements est de discuter des enjeux du bénévolat de façon décontractée, mais aussi de faire du réseautage et de créer une véritable communauté de pratique autour des enjeux du bénévolat à Montréal.

Dans cette deuxième édition, qui a eu lieu le 12 juin 2019, nous accueillons comme invitéEs Hélène Lefranc et Alexander Cassini du collectif citoyen Le Carré et sa ruelle et la doctorante en communication à l’UQAM et co-créatrice du Village Éphémère, mieux connu aujourd’hui sous le nom du Village au Pied-du-Courant, Marie-Claude Plourde.

Nous discutons de comment prendre bénévolement l’initiative pour changer l’aménagement urbain, des enjeux de mobilisation locale, mais aussi de l’importance de changer soi-même son milieu de vie, son quartier et son territoire. En lien avec l’actualité, nous discutons également des initiatives citoyennes bénévoles (ruelles vertes, jardins communautaires, réappropriation de zones ou de friches délaissées) pour faire face à la transition écologique. Vous pouvez écouter tous les échanges dans ces vidéos !