Participer à quelque chose de grand

Par: Claude Robillard

« Bonjour, mon nom est Claude, je suis bénévole et je fais un appel de courtoisie, est-ce que je peux vous jaser un peu? »  

Moi qui me rendais à l’hôpital tous les vendredis pour mon bénévolat, j’ai dû, pour continuer à offrir de l’accompagnement aux patients pendant la pandémie, le faire à partir de chez moi. Depuis quelques années, mon rendez-vous qui me donnait l’impression de bien débuter chacune de mes fins de semaine consistait à rencontrer des patients afin de jaser, faire de petites commissions mais surtout, pour plusieurs d’entre eux, briser leur solitude du moment et recevoir leur inquiétude. La Covid-19 venait tout chambarder à l’échelle mondiale et dans mon petit cœur, moi qui carbure à la rencontre de l’autre.   

Au CHUM, cette pandémie a fait naître une « communauté virtuelle » afin de poursuivre ce service. Assis dans mon petit bureau avec ma liste de patients à rejoindre, je tombais sur des voix d’hommes et de femmes parfois tristes, inquiètes, perdues, désespérées. J’écoutais leurs propos afin de trouver une petite porte entrouverte qui me permettrait de mettre un peu de soleil et d’espoir dans leur vie.

Au bout de quelques mois, j’ai eu l’impression d’avoir fait le tour. Pour moi, il manquait à ces « rencontres » le contact des yeux, la chaleur de la voix, l’énergie dégagée. Cette nouvelle façon de procéder ne comblait pas tous mes besoins de bénévole, je me suis donc retiré. Bravo à tous ceux et celles qui ont persisté! Quel plaisir au retour! Sentir sur place toute cette effervescence me rappelle combien j’ai besoin de cette expérience : participer à quelque chose de grand.

Sur le bénévolat en ligne et ses impacts :

Amichai-Hamburger, Y. (2008). Potential and promise of online volunteering. Computers in Human Behavior, 24(2), 544-562.

Reboul, P. (2020). Le confinement d’un bénévole. Petit journal de bord. Jusqu’à la mort accompagner la vie, (3), 75-83.