J’ai aidé à ma façon 

Par : Julien Chartier 

Je m’implique depuis dix ans en tant que bénévole au sein du Centre d’action bénévole des Chic-Chocs en Gaspésie pour le service d’Accompagnement / Transport (rendez-vous médicaux de personnes isolées et vulnérables). Au tout début de la pandémie, je me suis adapté en plaçant des plexiglas dans la voiture entre les deux sièges. Le Centre d’action bénévole a par la suite suggéré aux autres accompagnateurs de faire la même chose en leur payant la facture.  

Cela a permis de mettre à l’aise les personnes que j’accompagnais et ce fut très apprécié des gens, principalement les aînés. Je sentais les personnes très anxieuses vis-à-vis la Covid. J’ai essayé de les mettre à l’aise avec la pandémie en leur parlant et les réconfortant durant le trajet. Plusieurs se sont ouverts davantage à moi pendant ces moments. Je crois que la peur en a rendu certains plus vulnérables. Mais d’un autre côté, certains se sont aussi plus ouverts à la conversation. Les liens se sont davantage soudés.  

Il faut être à l’écoute des gens pour pouvoir les aider avec leurs propres problèmes de santé, surtout pendant la pandémie avec tout le stress qui était ajouté. Plusieurs ont utilisé ce service pour se déplacer à l’extérieur du territoire de la Haute-Gaspésie, car la plupart n’ont pas d’auto et ils sont isolés. Ce sont des aînés qui doivent se rendre à leur rendez-vous médical, même avec la Covid. Souvent sans contact avec leur famille, je suis la seule personne avec qui ils peuvent parler durant la semaine. Le contact est important pour eux, et même avec la pandémie et la peur de transmission, le simple appel que je faisais pour confirmer l’heure de rendez-vous était significatif. Je leur parlais un peu plus longtemps, car je savais à quel point cela leur faisait du bien, particulièrement avec l’isolement encore plus grand provoqué par le confinement. Bref, j’ai aidé à ma façon ces personnes que j’accompagne dans ma voiture durant la pandémie. Ça m’a fait moi-même un grand bien.