Dans leur article scientifique « Le bénévolat comme passage vers le développement social », publié en 2002 dans la revue Nouvelles pratiques sociales, les chercheurs et chercheuses Jean Panet-Raymond, Joël Rouffignat et Lise Dubois soutiennent essentiellement que l’engagement bénévole peut constituer un outil de développement durable, tant sur le plan personnel, organisationnel que collectif.
Pour soutenir leur affirmation, les chercheurs et chercheuses ont effectué une recherche qui portait sur les alternatives au dépannage alimentaire concernant des familles avec des enfants. Encore une fois ce sujet des banques alimentaires rejoint notre récit bénévole gagnant, que nous vous invitons à relire en cliquant ici.
Les auteurs et les autrices du texte résument leur méthodologie de la façon suivante : la recherche a essentiellement été effectuée à l’aide d’un « questionnaire individuel autoadministré dans 63 groupes auprès de 313 personnes » ayant au moins un enfant mineur vivant avec elles et « participant aux activités alimentaires des groupes communautaires offrant des alternatives au dépannage alimentaire ». L’analyse par questionnaire a été complétée « par 18 entrevues individuelles d’environ deux heures » qui portaient sur les différents aspects qualitatifs des informations recueillies. Les auteurs et les autrices, dans l’analyse des données, se sont concentrés plus précisément sur le cheminement ou le parcours de vie de chaque bénévole.
Du côté des résultats, les chercheurs et les chercheuses mettent surtout de l’avant le fait que la recherche de l’empowerment individuel est au cœur des pratiques bénévoles examinées. Dans l’implication bénévole, des personnes vues traditionnellement comme des « clientes » par les institutions, ou encore des « usagères », sont plutôt insérées dans la société par une transition vers la participation (participantes) puis l’implication citoyenne (bénévoles). Les auteurs et les autrices expliquent dans le même sens que oui les personnes les plus pauvres viennent chercher de l’aide alimentaire dans l’organisme, mais pas que, ces derniers veulent aussi chercher du réconfort et une manière de créer des liens de solidarité.
Un travail d’accompagnement fait dans une perspective d’empowerment est alors accompli par les bénévoles, ce qui les rend plus puissants et autonomes à leur tour. Plus précisément ce travail émancipateur est présent dans quatre catégories : la participation aux activités alimentaires et aux autres du groupe, le développement de l’estime de soi, l’actualisation et le développement des connaissances et des apprentissages techniques et sociaux et le développement de la conscience collective et critique.