Cette recherche s’inscrit dans une approche constitutive de la communication organisationnelle (ci-après CCO) qui met l’accent sur le rôle performatif de la communication dans la création, maintenance et transformation des collectivités. Dit autrement, cette approche soutient que la communication est le processus clé de toute réalité collective : interroger cette force constitutive devient donc le point d’entrée pour étudier des phénomènes organisationnels. Plus précisément, ces études cherchent à comprendre les propriétés organisantes et désorganisantes de la communication, ou plus simplement, « comment à travers la communication on s’organise ? ».
Trois éléments centraux des processus organisant sont à considérer selon cette approche : (a) l’hybridité de l’action, soit le fait que les actions sont accomplies dans l’association entre des personnes, des choses, des discours, des infrastructures, etc., (b) l’agencement ou l’assemblage des ces divers acteurs, c’est-à-dire la manière dont ils sont configurés et re-configurés, de même que la forme ou mode d’organisation qui en résulte, et (c) le caractère situé des pratiques organisantes, référant ici aux dimensions spatiotemporelles des évènements communicationnels. Il est possible de consulter le site du Recor (groupe de recherche sur la communication organisante) ici pour plus d’informations sur l’approche CCO.
Appliquée à « bénévolat en mouvement », l’approche CCO nous a permis :
- d’ouvrir la portée analytique de l’étude sur le bénévolat pour y inclure, en plus des bénévoles, bénéficiaires, les OBNL, les politiques publiques de financement, les stratégies de gestion, les dons, les affiches, slogans ou logos, ainsi que toute autre personne, chose, institution qui prend part aux pratiques bénévoles.
- D’interroger les modes d’organisation du bénévolat en tant qu’assemblage de toutes ces personnes, idées, choses et discours qui façonnent le bénévolat.
- De considérer le contexte du non lucratif, sa marketization, et les contextes particuliers dans lesquels se développent les pratiques de bénévolat, de même que la manière dont la tension marché/ mission y opère et s’y développe dans le temps.
Objectifs de la recherche
Plus spécifiquement, les objectifs de recherche étaient les suivants :
- Comprendre les enjeux et les effets de la marketization du secteur non lucratif sur les pratiques de bénévolat, et plus particulièrement les modes d’organisation de ces pratiques ;
- Donner une définition claire et précise du bénévolat qui tienne compte d’une réflexion plus large sur ce que c’est qu’être un OBNL dans une économie de marché ;
- Créer un répertoire des pratiques de bénévolat afin de mettre en lumière la manière dont la marketization du secteur non lucratif transforme ces pratiques ;
- Développer des études de cas sur la façon dont les bénévoles, les praticiens et les bénéficiaires, saisissent et travaillent avec les tensions issues de la marketization du secteur non lucratif lorsqu’elles et ils sont engagé-e-s auprès de bénévoles.