On tient bon !

Par : Julie Dall’Arche 

Ma vie de bénévole, depuis plus de dix ans, a consisté avant tout à créer et faire vivre une éco-team, le groupe Ecochêne, au sein de l’école où je suis professeure, près de Liège en Belgique. 

Démarrée de façon anecdotique, cette équipe a grandi au fil des ans et se portait pas mal du tout quand est arrivée la folie du confinement, de l’hybridation et de la peur… 

Passé la première panique et voyant surtout que la situation n’allait pas s’arranger en deux coups de cuillère à pot, on s’est interrogé sur la survivance des actions suspendues. Les élèves vendaient, entre autres, des fruits à toutes les récréations. Là, plus possible. D’autres projets se rêvaient ensemble chaque semaine. Nous allions notamment faire un voyage « nature »… Déception. 

D’abord on a tenté de communiquer à distance, imaginant planifier le retour plus efficacement, pensant que les élèves de 12 à 18 ans sauteraient sur l’occasion du numérique avec bien plus d’engouement que leurs professeurs… Erreur. Ce numérique qu’on nous a « vendu » comme la solution miracle à tous nos problèmes d’isolement (et même d’apprentissage!) est un leurre sans nom et nos jeunes n’y entendent rien. Rien qui puisse en tout cas permettre un échange vrai et constructif. 

Heureusement, le confinement strict n’a eu qu’un temps et le retour intermittent à l’école a été synonyme de « réunion » pour tous ceux et celles qui avaient gardé Ecochêne dans leur cœur. Que faire, si ce n’est, avant tout, écouter leurs inquiétudes et encourager leurs espoirs? 

Après quelques rencontres timides, il nous est venu à l’idée de relancer un projet ancien qui avait dû être abandonné : la récolte des bouchons plastiques. Elle se faisait maintenant au profit des chiens-guide et l’idée d’aider écologiquement et humainement nous a reboosté

Les élèves, chez eux un jour sur deux, avaient encore plus facilement l’occasion de conserver ces fameux bouchons. C’est donc cette action qui nous a remis « sur les rails » et qui nous a permis de tenir. Nous sommes allés crescendo pendant cinq mois et nous avons dépassé les 100 kg de récolte. 

Du coup, la rentrée 2021, même si elle n’a pas pu se faire « normalement », a permis au groupe de se reformer. Il compte aujourd’hui plus de 20 jeunes qui espèrent pouvoir continuer leurs actions et partir en forêt ensemble cette année. 

Les ventes de fruits ont repris. 

Et, quoi qu’il arrive, le groupe semble « tenir bon ». Rien ne pourrait me faire plus plaisir. Plus d’info sur www.archenee.be/le-groupe-ecochene